Tu ouvres un compte dans une banque en ligne parce qu’elle est gratuite. Et quelques mois plus tard, une ligne de frais apparaît sur ton relevé sans que tu comprennes pourquoi. Ça énerve, et je trouve que c’est d’autant plus agaçant que le mot « gratuit » était écrit en gros sur la page d’accueil.
Pour être honnête, les banques en ligne sont vraiment moins chères que les banques traditionnelles sur la tenue de compte et les cartes. Mais « gratuite » veut presque toujours dire « gratuite sous conditions ». Les frais cachés tombent surtout quand tu ne respectes pas une condition d’usage ou de revenus. Ou alors quand tu manipules des espèces, quand tu paies hors zone euro, ou quand un incident arrive. Aucun n’est illégal, tous sont écrits dans la grille tarifaire, et presque personne ne la lit (je comprends, ce n’est pas la lecture la plus passionnante).
Quels sont les frais cachés d’une banque en ligne ?
Les plus courants, ce sont les frais de carte quand tu ne l’utilises pas assez, et la carte qui devient payante si tes revenus baissent. Viennent ensuite les espèces, les paiements hors zone euro, les incidents (commissions d’intervention, rejets) et les petites options. Tout figure dans la grille tarifaire, qu’il vaut mieux lire avant d’ouvrir le compte.
Une carte qu’on te facture parce que tu ne t’en sers pas
C’est le frais le plus surprenant, à mon avis, parce qu’il te fait payer le fait de ne pas utiliser un service. Il s’explique pourtant très bien quand on sait comment une banque en ligne peut être gratuite : chaque paiement carte lui rapporte une petite commission.
Certaines offres gratuites exigent un nombre minimum de paiements par carte chaque mois, et si tu ne l’atteins pas, des frais mensuels s’appliquent. Du coup, imagine que tu utilises ce compte comme compte secondaire, par exemple pour le compte des prélèvements fixes où on ne paie jamais rien par carte. Ces frais peuvent tomber tous les mois sans que tu t’en rendes compte.
La question à te poser, c’est donc : existe-t-il une condition d’utilisation minimale, et que se passe-t-il si elle n’est pas remplie ?
Les conditions de revenus ou de dépôts
Certaines offres, surtout les cartes haut de gamme gratuites, demandent de domicilier un revenu minimum ou de verser un certain montant chaque mois. Si ton revenu passe sous le seuil, ou si tu arrêtes de verser ton salaire sur ce compte, la carte gratuite peut devenir payante, ou être remplacée par une offre moins haut de gamme.
C’est un piège classique quand ta situation change : congé parental, passage à temps partiel, début d’activité indépendante avec des revenus irréguliers. Les conditions qui étaient remplies à l’ouverture ne le sont plus, et personne ne te prévient vraiment.
Les espèces
Les banques en ligne n’ont pas d’agence, donc pas de guichet. Déposer des espèces est soit impossible, soit possible via des partenaires ou des automates, parfois avec des frais.
Les retraits, eux, sont souvent gratuits dans la zone euro jusqu’à un certain nombre par mois, puis payants au-delà. Si tu utilises beaucoup de liquide, ce poste peut vite peser.
L’étranger
Les conditions varient énormément d’une offre à l’autre, et je pense que c’est souvent là que se joue la vraie différence entre deux banques en ligne.
Trois frais peuvent s’appliquer hors zone euro : une commission de change en pourcentage, une commission fixe par opération, et des frais de retrait. Je détaille les trois, et le piège du paiement dans sa propre devise, ici. Certaines offres gratuites limitent aussi les paiements sans frais à l’étranger à un montant mensuel, au-delà duquel la commission s’applique.
Les incidents
Là, les banques en ligne ne se distinguent pas forcément des banques traditionnelles.
Les commissions d’intervention existent aussi en ligne (ce sont celles qui tombent quand une opération passe alors que le compte n’a pas la provision). Même chose pour les frais de rejet de prélèvement et les frais de lettre d’information en cas de découvert. Ces frais sont plafonnés par la loi, mais sur un mois difficile ils s’additionnent. Et certaines banques en ligne n’offrent aucun découvert autorisé, ce qui veut dire que le moindre décalage déclenche un rejet.
Les petites lignes du quotidien
Il y a ensuite toute une série de petits frais qu’on ne remarque qu’au moment où ils tombent.
Le remplacement de carte, d’abord. En cas de perte, de vol ou de simple renouvellement anticipé, la nouvelle carte peut être facturée. Le chéquier, quand il existe, n’est pas toujours gratuit, et l’encaissement de chèques se fait par courrier, avec des délais. Viennent ensuite les options payantes : assurance des moyens de paiement (souvent un doublon), carte virtuelle supplémentaire, carte pour un enfant, virements vers certains pays.
Il y a aussi les frais de compte inactif. Un compte courant sans aucune opération ni contact de ta part pendant 12 mois est considéré comme inactif. La banque peut alors facturer des frais, mais la loi (dite loi Eckert) les plafonne à 30€ par an pour un compte courant.
Enfin, la clôture d’un compte courant ou d’un livret est gratuite, c’est prévu par la loi. Le transfert de certains produits (des titres, par exemple) peut en revanche être facturé.
Comment vérifier en dix minutes
Tout est dans la grille tarifaire, un document que chaque banque doit publier. Moi, je ne la lirais pas en entier (personne n’a envie de faire ça un dimanche). Je chercherais juste ces points-là :
- les conditions de gratuité de la carte (usage minimum, revenus minimum)
- les frais si ces conditions ne sont pas remplies
- les retraits et dépôts d’espèces
- les paiements et retraits hors zone euro
- le découvert autorisé et les commissions d’intervention
- le remplacement de carte
Et surtout, je me poserais la question de l’usage que je vais en faire. Une banque en ligne parfaite pour un compte principal peut devenir coûteuse pour un compte secondaire peu utilisé, et inversement.
Le bon usage d’une banque en ligne
Je pense qu’une banque en ligne est souvent un excellent choix pour le compte plaisir. Tu as une application qui met le solde à jour instantanément, une notification à chaque paiement, une carte gratuite et de bonnes conditions à l’étranger. C’est d’ailleurs là que j’ai mis le mien, et c’est la configuration que je recommande dans le comparatif des banques pour la méthode des 3 comptes.
Pour le compte des prélèvements fixes, où aucun paiement par carte n’est fait, vérifie qu’une condition d’utilisation minimale ne va pas te coûter plus que ce que tu économises. Et garde en tête que les banques en ligne ont d’autres limites que les frais, en particulier sur le service client et les blocages de compte.
Les frais visibles se comparent facilement, ceux-là demandent un quart d’heure de lecture, une seule fois. Et si tu veux faire le ménage dans tous tes frais bancaires, y compris dans une banque traditionnelle, la méthode est ici.
Sources
- Le plafonnement des frais bancaires et l’offre clientèle fragile, Banque de France
- Article L312-1-7 du Code monétaire et financier (gratuité de la clôture), Légifrance
- Comptes bancaires inactifs : ce que dit la loi, MoneyVox
- Cartes gratuites en ligne : gare aux frais d’inactivité, Meilleurtaux (exemples de conditions d’utilisation minimale)