Fêtes et cadeaux

Étrennes : faut-il donner, à qui, et combien ?

Chaque mois de décembre, ça sonne à la porte avec un calendrier, et tu te retrouves à fouiller ton portefeuille en te demandant combien donner sans passer pour un radin. Je trouve que c’est une des dépenses les plus inconfortables de l’année, justement parce qu’elle se décide en dix secondes, sur le pas de la porte.

Bonne nouvelle, les étrennes ne sont jamais obligatoires. C’est un usage, pas une dette, et aucune règle ne fixe de montant. Du coup, je pense que le plus simple est de fixer une enveloppe globale en novembre. Tu la répartis entre les personnes qui comptent pour toi, et tu t’y tiens en décembre. Deux cas demandent quand même un peu d’attention : les faux vendeurs de calendriers, et les étrennes versées à un salarié à domicile, qui se déclarent.

Pourquoi les étrennes déstabilisent le budget de décembre

Elles arrivent au pire moment. Décembre est déjà le mois le plus chargé de l’année, entre les cadeaux, le repas et les déplacements. Et les étrennes s’ajoutent par petites sommes, demandées en face à face, souvent sans prévenir. Dix euros au facteur, dix aux pompiers, vingt au gardien : une par une, ça ne pèse rien. Mais le total dépasse facilement les 50€ (et beaucoup plus avec une nounou ou une aide à domicile).

Le vrai souci, à mon avis, c’est la décision prise devant la porte. Sans montant pensé à l’avance, on donne ce qu’on a sur soi, ou on se sent mal de donner moins que l’année d’avant.

Étrennes : combien donner ?

Il n’y a pas de montant officiel, ni pour le gardien, ni pour le facteur, ni pour les pompiers. Tu donnes en fonction du service rendu dans l’année et de ce que tu peux mettre sans te mettre en difficulté. Le plus simple, c’est de décider le total en novembre, puis de le répartir entre les personnes à qui tu tiens.

En pratique, je traiterais les étrennes comme un poste de Noël à part entière. Tu fais la liste des personnes à qui tu veux donner, tu mets un montant en face de chacune, et tu fais le total. Ce total s’ajoute à ton budget de fin d’année. Si tu mets de côté pour Noël tous les mois (ce qui reste la meilleure façon de passer décembre sans découvert), les étrennes doivent entrer dans le calcul. Les montants de Noël par personne donnent des repères pour le reste.

Et si le total dépasse ce que tu peux mettre cette année, je réduirais la liste plutôt que de donner un peu à tout le monde. Je préfère remercier vraiment deux personnes qui m’ont rendu service que distribuer des pièces par culpabilité.

Le gardien ou la gardienne d’immeuble

C’est souvent la personne à qui on tient le plus à donner, parce que le service est quotidien : les colis réceptionnés, les parties communes, le petit coup de main.

Aucune référence officielle n’existe sur le montant. Ceux qui circulent dans la presse et sur les sites immobiliers ne sont que des usages, et ils changent beaucoup d’une ville à l’autre. Le bon repère reste donc le service rendu et ce que tu peux donner sans tension. Une carte avec un mot fait aussi partie du geste, et honnêtement elle compte souvent plus que le montant.

Pompiers, facteur, éboueurs et calendriers

C’est le cas qui met le plus mal à l’aise, parce qu’il se présente à la porte et parce que les arnaques existent.

Les pompiers vendent en général leurs calendriers par l’intermédiaire de leur amicale. Chaque année, la presse signale des faux pompiers. Les conseils qui reviennent sont toujours les mêmes : des pompiers en tenue, une carte professionnelle, un calendrier avec le logo officiel du service départemental.

Les facteurs, eux, vendent leurs almanachs en dehors de leur temps de travail et pour leur propre compte. C’est une tolérance ancienne plutôt qu’une vente de La Poste.

Les éboueurs, c’est le cas le plus piégeux. À Paris, la Ville rappelle que ses agents ont « la stricte interdiction de solliciter quelque gratification que ce soit ». Ceux qui font du porte-à-porte sont donc sans doute de faux agents, avec des cartes professionnelles falsifiées, et la consigne est de ne pas ouvrir. Ailleurs, les règles varient selon les communes, donc le plus sûr est de demander à ta mairie.

Dans tous les cas, tu as le droit de dire non sans te justifier, même à un vrai pompier. « Pas cette année, merci » suffit. Dire non sans gêne, ça s’apprend, et je trouve que c’est beaucoup plus facile quand le budget est déjà décidé.

La nounou, l’assistante maternelle, l’aide à domicile

Là, on sort un peu du pourboire. Si tu es particulier employeur (par le Cesu ou par Pajemploi), les étrennes que tu verses à ton salarié sont un complément de salaire. L’Urssaf précise qu’elles sont soumises à cotisations, qu’elles se déclarent comme une prime, et qu’elles apparaissent sur le bulletin de salaire. En échange, elles entrent dans le calcul de l’avantage fiscal pour l’emploi à domicile.

Concrètement, une prime de fin d’année de 100€ déclarée te coûte un peu plus que 100€ avec les cotisations, mais une partie revient par le crédit d’impôt. Donner la même somme en liquide sans la déclarer, ça revient à la verser au noir.

Ce n’est pas obligatoire non plus, ni la loi ni les conventions collectives ne l’imposent. Mais pour quelqu’un qui garde ton enfant toute l’année, c’est un geste qui compte, et je le prévoirais dès le départ dans le coût réel de la garde.

Et au bureau ?

Les étrennes ne concernent pas vraiment le travail. Mais la fin d’année amène aussi son lot de cagnottes : le cadeau du chef, le pot de fin d’année, le départ d’un collègue. La même logique de montant fixe marche très bien.

Où ranger cette dépense

Dans la méthode des 3 comptes, les étrennes sont une dépense de Noël, donc elles vont sur le compte Plaisir, comme les cadeaux. La seule exception, c’est la prime versée à un salarié à domicile : elle suit le salaire et part du compte d’où tu paies habituellement la garde ou l’aide à domicile.

Pour les calendriers, moi, je retirerais à l’avance une petite somme en liquide, exactement ce que j’ai prévu. Quand l’enveloppe est vide, la décision est prise, et tu peux ouvrir la porte en décembre sans faire de calcul mental.

Sources