Quand on prépare le budget des fêtes, on pense aux cadeaux, au repas de Noël, au trajet chez les parents. Et le 31 décembre, lui, passe à la trappe, comme s’il était inclus dans le reste. Sauf qu’il arrive une semaine après, quand l’enveloppe de Noël est déjà vide (et que janvier s’annonce long).
Ma position est simple : le réveillon du Nouvel An est une dépense à part, avec son propre plafond, décidée avant Noël. Pas en se disant « on verra bien » le 30 au soir. Et si je dois choisir où mettre l’argent ce soir-là, je préfère largement une soirée chez des amis avec une vraie participation qu’une soirée payante, qui coûte cher pour ce qu’elle apporte.
Combien coûte un réveillon du Nouvel An ?
Pour une soirée chez des amis, compte en général une participation aux courses, une ou deux bouteilles, le transport du retour et parfois une tenue, soit souvent entre 60 et 150€ par personne. Pour une soirée payante (resto, club, dîner dansant), le billet seul peut dépasser ce total. Le poste qui surprend le plus, c’est le trajet de la nuit.
Pourquoi le 31 tombe au pire moment
Le réveillon a un vrai problème de calendrier. Il arrive pile après la période où tu as le plus dépensé de l’année, et juste avant un mois où la prochaine paie paraît très loin. Du coup, même une soirée raisonnable peut faire mal, simplement parce qu’il ne reste plus de marge.
C’est pour ça que je ne le range pas dans l’enveloppe de Noël. Si tu le mets dedans, il passe en dernier, et il prend ce qui reste (c’est-à-dire souvent rien, ou un bout de découvert). Si tu lui donnes son propre montant dès novembre, tu sais à l’avance quel genre de soirée tu peux te permettre, et tu choisis en fonction plutôt que de subir. J’explique dans mon article sur le budget des fêtes pourquoi tout se joue avant décembre, et le 31 n’échappe pas à la règle.
La soirée chez des amis, et ce qu’elle coûte vraiment
C’est le format que je trouve le plus raisonnable, mais il est rarement gratuit. Il y a la participation aux courses, souvent plus élevée qu’un dîner normal (le champagne, le foie gras ou le plateau de fromages, ça monte vite), la bouteille qu’on apporte en plus, parfois un cotillon ou un jeu acheté pour l’occasion.
Le piège, c’est que la participation est souvent annoncée tard, et qu’on n’ose pas dire que c’est trop. Moi, je poserais la question dès que l’invitation arrive : « on part sur combien par personne ? ». Ça n’a rien de radin, ça permet juste à tout le monde de s’organiser (et l’hôte est souvent content qu’on lui pose la question, plutôt que de devoir relancer chacun le 2 janvier).
Si le montant ne passe pas, il vaut mieux le dire tôt. Proposer d’apporter un plat fait maison à la place d’une partie de la participation, par exemple, ça se fait très bien. Et si c’est vraiment trop, dire que c’est trop cher pour toi reste plus simple fin novembre que le soir même.
La soirée payante : je n’en vois pas souvent l’intérêt
Restaurant avec menu spécial, club, dîner dansant : le soir du 31, tout coûte plus cher que n’importe quel autre soir de l’année, pour la même chose ou presque. Le menu du réveillon est souvent imposé, la boisson en plus, et il faut réserver tôt, donc tu t’engages sans savoir dans quel état sera ton budget après Noël.
Je ne dis pas qu’il ne faut jamais le faire. Si c’est ce qui te fait vraiment plaisir, et que tu l’as prévu, c’est très bien. Mais si c’est juste parce que « il faut bien faire quelque chose le 31 », je pense que c’est l’exemple parfait de la dépense qu’on fait par habitude plutôt que par envie. Une soirée tranquille à deux, avec un bon repas fait maison, coûte une fraction du prix (et on n’a pas à rentrer à 3 heures du matin).
Le trajet du retour, le poste qu’on oublie
C’est le vrai trou dans la plupart des budgets du 31. On sait comment on va à la soirée, rarement comment on en revient.
En taxi, la course de nuit est majorée, dans la limite de 50% sur le prix au kilomètre. En VTC, c’est encore moins prévisible : les applis augmentent leurs prix quand la demande explose, et la nuit du Nouvel An est l’exemple type. L’appli t’affiche le prix avant de confirmer, mais à 2 heures du matin, dans le froid, on a tendance à valider quand même.
Du coup, je réglerais le retour avant de partir. Dormir sur place si c’est possible, désigner quelqu’un qui ne boit pas et qui ramène les autres, ou regarder les transports en commun. En Île-de-France, par exemple, les transports sont gratuits la nuit du 31 depuis plusieurs années (de 17 heures au lendemain midi, hors aéroports), avec une partie du métro et des RER qui roule toute la nuit. Rien ne dit que ce sera reconduit chaque année, mais ça vaut le coup de vérifier fin décembre ce que prévoit le réseau de ta ville.
La tenue et le lendemain
Deux petits postes, mais qui s’ajoutent. La tenue « pour le 31 », d’abord. Si tu as déjà acheté quelque chose pour Noël, je me demanderais si c’est vraiment nécessaire d’en racheter une une semaine plus tard (souvent, personne ne s’en souviendra).
Et le 1er janvier, ensuite. Le brunch, la livraison parce que personne n’a envie de cuisiner, le retour qu’on n’avait pas prévu. Ce n’est pas énorme, mais c’est typiquement ce qui fait déborder un budget déjà serré, comme les repas du lendemain dans le budget du repas de Noël.
Un exemple avec des chiffres
Elsa et Yanis sont invités chez des amis. Ils posent leur budget début décembre :
| Poste | Montant |
|---|---|
| Participation (2 × 40€) | 80€ |
| Bouteille apportée | 20€ |
| Retour en VTC (prix majoré) | 60€ |
| Brunch du 1er janvier | 30€ |
| Total | 190€ |
En voyant la ligne du VTC, ils décident de dormir sur place, et le budget redescend à 130€. Pas de tenue achetée, parce qu’Elsa en a déjà une de Noël. Ce n’est pas une soirée au rabais, c’est juste une soirée qu’ils ont choisie en connaissant le prix.
Dans les 3 comptes
Pour moi, le réveillon est une dépense Plaisir. Le plus simple, c’est de mettre de côté le montant décidé dès novembre (sur ton compte Plaisir, ou dans la même réserve que le budget de Noël, mais avec une ligne à part). Le jour venu, tout part du compte Plaisir, la participation comme le taxi.
Si tu es en couple, c’est aussi l’occasion de vous mettre d’accord sur le format, surtout si le 31 se passe dans la deuxième famille après un Noël chez la première. Et si tu calcules encore ton enveloppe des fêtes, ajoute le 31 dans la liste avant de répartir, comme je le fais dans combien dépenser pour Noël. Une ligne de plus dans le calcul, c’est beaucoup moins pénible qu’un mois de janvier dans le rouge.
Sources
- Taxi : tarifs, majorations et paiement, Service Public
- La nuit du Nouvel An, sortez cette année, rentrez l’année prochaine, Île-de-France Mobilités
- Comment fonctionne la tarification dynamique, Uber