Imprévus et dettes

Microcrédit personnel : pour qui, combien, et par qui passer

Quand ta banque te refuse un prêt parce que tes revenus sont trop faibles ou trop irréguliers, j’ai l’impression qu’on se retrouve souvent face à de mauvaises options. Le paiement en plusieurs fois, le crédit renouvelable, le découvert… Il existe pourtant un dispositif pensé exactement pour ce cas, et je trouve qu’on en parle très peu.

C’est le microcrédit personnel. Un prêt de 300 à 8 000€, remboursable sur 6 mois à 7 ans, pour financer un projet précis (une voiture pour aller travailler, le permis, une formation). On n’y accède pas directement à la banque, il faut passer par une structure d’accompagnement qui monte le dossier avec toi.

C’est quoi, le microcrédit personnel ?

C’est un prêt de 300 à 8 000€, sur 6 mois à 7 ans, pour les personnes qui n’ont pas accès au crédit bancaire classique à cause de revenus faibles ou d’une situation précaire. Il finance un projet qui aide à garder ou retrouver un emploi, ou à stabiliser sa situation. On le demande via un CCAS ou une association, qui te suit aussi pendant le remboursement.

À quoi ça sert, concrètement

Le cas typique, c’est la voiture qui tombe en panne. Elle est indispensable pour aller travailler, la réparation coûte 1 500€, tu n’as pas d’épargne, et ta banque refuse un prêt. Les solutions qui restent sont souvent pires que le problème : le paiement en plusieurs fois, un crédit renouvelable, ou le découvert.

Le microcrédit personnel est pensé pour ce genre de situation. La Banque de France cite comme exemples l’achat ou la réparation d’un véhicule, le permis de conduire, une formation, la stabilisation du budget ou une rénovation énergétique. Le point commun, c’est une dépense qui, sans financement, ferait basculer ta situation (perte d’emploi, impossibilité d’en accepter un).

Ce qu’il ne finance pas

À mon avis, c’est le point le plus important, et c’est aussi celui qui déçoit le plus souvent. Selon La finance pour tous, le microcrédit personnel ne sert pas à :

  • rembourser des dettes ;
  • payer des dépenses courantes (factures d’énergie, téléphone, loyer en retard) ;
  • acheter des biens de consommation sans lien avec un projet d’insertion.

Si ton problème, c’est une fin de mois impossible ou des dettes qui s’accumulent, le microcrédit n’est pas la bonne porte. Un nouveau prêt ne ferait que décaler le problème. Dans ce cas, les étapes quand il n’y a plus d’argent avant la fin du mois sont différentes, tout comme la sortie d’un crédit à la consommation.

Pour qui

Il s’adresse aux personnes exclues du crédit classique : revenus modestes, minima sociaux (RSA, prime d’activité), demandeurs d’emploi, contrats précaires.

Il faut quand même une capacité de remboursement, même faible. En fait, c’est un vrai prêt et pas une aide, donc le dossier vérifie que les mensualités tiennent dans ton budget. Je trouve ça plutôt sain, d’ailleurs, parce que ça évite de t’enfoncer.

Montants, durée et taux

Le montant va de 300 à 8 000€, et la durée de 6 mois à 7 ans. Le taux est fixe, décidé par la banque qui prête. Il n’y a pas de chiffre officiel de référence, mais il s’agit d’un taux modéré, et il n’y a pas de frais de dossier.

L’État garantit une partie de ces prêts à la banque, par le Fonds de cohésion sociale. Du coup, ça explique qu’une banque accepte de prêter à quelqu’un qu’elle aurait refusé autrement.

Certaines associations ont leurs propres conditions. La Croix-Rouge, par exemple, propose des microcrédits de 300 à 3 000€, sur 6 à 36 mois.

Par qui passer

Le parcours se fait en deux temps.

D’abord, une structure d’accompagnement, comme le CCAS de ta commune ou une association qui propose du microcrédit. C’est elle qui étudie ta situation et ton projet, et qui vérifie que le microcrédit est la bonne solution. Elle monte ensuite le dossier avec toi. Pour trouver un accompagnant près de chez toi, la Banque de France indique le numéro 3414.

Ensuite, une banque partenaire reçoit le dossier et décide d’accorder ou non le prêt. Si c’est oui, l’accompagnement continue pendant toute la durée du remboursement, avec un suivi de ton budget.

Entre le premier rendez-vous, le montage du dossier et la décision de la banque, il faut du temps. Donc le microcrédit ne règle pas une urgence du jour même. Si la voiture doit être réparée demain, il faudra peut-être négocier un délai avec le garage ou trouver une solution transitoire.

Le Point conseil budget, avant ou en parallèle

Si tu hésites, ou si tu n’es pas sûr que ton projet entre dans les cases, moi je commencerais par un Point conseil budget (PCB). C’est un service gratuit, confidentiel et labellisé par l’État, ouvert à tout le monde. Il aide à faire le point sur ses finances et à trouver les bonnes solutions. Il en existe plusieurs centaines en France, et l’annuaire est sur Service Public.

À ne pas confondre avec le microcrédit professionnel

Le microcrédit professionnel est un autre dispositif. Il finance la création ou la reprise d’une petite entreprise, jusqu’à 17 000€, et l’Adie est l’acteur le plus connu. Si ton projet est de te lancer à ton compte, c’est plutôt de ce côté-là qu’il faut regarder.

Et une fois le prêt obtenu

Un microcrédit, c’est une mensualité de plus, fixe et prévisible, qui doit tenir sur la durée. Dans la méthode des 3 comptes, je la rangerais dans les prélèvements fixes, à côté du loyer et des assurances. Comme ça, elle ne se retrouve jamais en concurrence avec les courses.

Et dès que la situation le permet, même avec quelques euros par mois, je commencerais une petite réserve pour les imprévus. C’est la seule vraie protection pour ne pas revivre la même situation à la prochaine panne (et il y en aura une, les voitures sont comme ça).

Sources